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Kevazingo : L’heure des comptes

Cinq ans après le traumatisme du « Kevazingo Gate », le gouvernement gabonais a lancé, le 1er avril dernier, un inventaire national exhaustif des stocks de ce bois précieux. Objectif, solder les comptes du passé et transformer un passif encombrant en un levier financier de 200 milliards de FCFA.

Le Gabon veut définitivement exorciser les démons de 2019. Le coup d’envoi de l’audit patrimonial des stocks de Kevazingo indique une gestion optimale des ressources naturelles du pays.

Cette mission est une opération « mains propres » visant à réintégrer cette essence rare dans le bilan comptable de l’État

L’ombre du « Kevazingo Gate »

Impossible d’évoquer cet inventaire sans repenser au scandale qui avait ébranlé les sommets de l’État en 2019.

À l’époque, la disparition mystérieuse de 353 conteneurs de Kevazingo sur les quais du port d’Owendo avait provoqué un séisme politique, entraînant notamment le limogeage du Vice-président et du ministre des Forêts.

Depuis cette crise de gouvernance, les stocks étaient sous scellés, gelés par la justice et la méfiance.

En reprenant aujourd’hui le contrôle physique et juridique de chaque mètre cube, Libreville entend prouver que l’ère de l’opacité est révolue.

Un gisement de 200 milliards de FCFA

L’enjeu est avant tout économique. Avec un prix au mètre cube scié pouvant atteindre 800 000 FCFA sur les marchés internationaux, le Kevazingo reste l’une des essences les plus chères au monde.

Les autorités estiment que la valorisation globale des stocks saisis, une fois transformés localement, pourrait rapporter plus de 200 milliards de FCFA aux caisses de l’État.

Pour maximiser cette manne, le gouvernement mise sur une stratégie de rupture avec entre autres, l’interdiction stricte de l’exportation de grumes brutes.

Tout le bois inventorié devra passer par les usines de la Zone Économique de Nkok pour une « troisième transformation » (meubles finis, parquets).

Cette montée en gamme vise à capturer la valeur ajoutée sur le sol national plutôt que de la laisser s’échapper vers les circuits informels.

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